Par sa résolution 42/112 du 7 décembre 1987, l’Assemblée Générale de l’ONU a déclaré le 26 juin Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues. Ceci pour marquer sa détermination à renforcer les actions et la coopération vers un objectif ambitieux : une société internationale exempte de consommation de drogues.

Soutenue chaque année par des individus, des communautés et diverses organisations du monde entier, cette observance mondiale vise à sensibiliser le public au problème majeur pour la société que représentent les drogues illicites.

Pour 2026, le programme de l’Office de la drogue et du crime (UNODC) met plusieurs thèmes en avant. Le premier des points est de lancer de nouveaux efforts de prévention pour réduire et remédier aux vulnérabilités des personnes, en particulier des jeunes et des communautés, en réduisant leur risque d’exploitation par les réseaux criminels.

Notre association travaille dans ce sens depuis plusieurs décennies. Elle est soutenue par la Fondation Pour Un Monde Sans Drogue (statut ECOSOC de l’ONU, c’est-à-dire reconnue comme consultante auprès du Conseil Economique et Sociale de l’ONU). Cette fondation nous fournit des brochures d’information, des DVD, des kits pour éducateurs et divers matériaux de promotion. Notre but est d’informer efficacement sur les dangers des drogues les jeunes, les parents, les éducateurs. Nous avons distribué des centaines de milliers de brochures en Suisse romande, donné des conférences dans des écoles, des associations et des cercles privés. L’information et l’éducation permettent de prendre conscience des dangers que représentent les drogues pour la santé physique et mentale. L’expérience nous a montré que les jeunes étaient particulièrement sensibles au fait de recevoir des informations factuelles, non moralisatrices, qui leur permettent de prendre leur propre décision de ne pas, ou ne plus consommer de substances psychotropes. Montrer des exemples réels et des témoignages vécus par des pairs est d’une grande valeur.

Qu’en est-il de la prévention en Suisse ?

La loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) définit la politique des quatre piliers, soit :
Art. 1 Modèle des quatre piliers

1 La Confédération et les cantons prévoient des mesures dans les quatre domaines suivants (modèle des quatre piliers):

  1. prévention;
  2. thérapie et réinsertion;
  3. réduction des risques et aide à la survie;
  4. contrôle et répression.

2 La Confédération et les cantons veillent à la protection générale de la santé et de la jeunesse.

La Confédération définit la Stratégie nationale Addictions (adoptée en 2015, prolongée jusqu’en 2028). Elle sert de cadre d’action pour les cantons, les villes, les ONG et les professionnels. Par cette stratégie, la Confédération coordonne les mesures, finance des projets nationaux et veille à la cohérence entre prévention, traitement et réduction des risques.

En ce qui concerne notre association, il faut entendre le mot prévention dans son sens réel : c’est-à-dire action ayant lieu avant. Ici, il s’agit d’actions pour éviter d’en arriver à la consommation de drogue.

Logiquement, une prévention bien faite devrait limiter les efforts à fournir sur les trois autres piliers. Mais si l’on observe les efforts, tant humains que financiers, mis en place depuis des années, on voit qu’ils portent bien davantage sur la thérapie et la réduction des risques. Il n’y a que très peu d’activités de prévention dans les écoles et cette prévention ne parvient que difficilement à la population. De nombreux enseignants nous l’ont confirmé, les programmes scolaires ne prévoient pas de prévention adéquate concernant les drogues et leurs dangers. Nous avons aussi des témoignages de policiers de plusieurs cantons qui se sont plaints : bien qu’appelés à faire de la prévention dans les écoles, ils ne disposaient pas de suffisamment de temps, ni de matériel adéquat et ne recevaient pas de formation spécifique pour cela.

Pour résumer, en ce qui concerne la prévention, on constate de manière pragmatique que les jeunes ne sont pas suffisamment impactés.

En Suisse, quelle est la situation de la drogue sur le terrain ?

La consommation

On constate une augmentation de la consommation. Cela concerne le cannabis, particulièrement en Suisse romande, selon l’étude menée par l’Agence de l’Union Européenne sur les Drogues (EUDA) qui enregistre les traces dans les eaux usées des stations d’épuration. Il en va de même pour la cocaïne, Genève et Zurich sont dans le top ten des villes européennes.

Le trafic

La période 2025 et 2026 a été marquée en Suisse et en France par une recrudescence des violences liées au trafic de drogue, impliquant de plus en plus de jeunes. On a constaté une augmentation du recrutement massif de mineurs par les gangs, facilité par les réseaux sociaux (Snapchat, Instagram, TikTok), avec des méthodes de manipulation et de promesses d’argent rapide. Ce phénomène, qui s’inscrit dans une dynamique européenne et internationale, a fait l’objet d’une couverture médiatique soutenue, révélant à la fois l’ampleur du problème et la diversité des modes opératoires. Par exemple, à Sierre, il y a eu l’affaire de la cité Aldrin avec une organisation inspirée des banlieues françaises (dirigeants, livreurs, guetteurs, châtieurs). À Genève, on a pu voir l’affaire Happy Mania, entreprise qui livrait de la drogue via des commandes par WhatsApp puis par Telegram, à la manière d’un Uber Eats. Les saisies par les douanes et les polices sont en augmentation.

Le deal de rue dans nos villes est bien visible et préoccupe la population. Malgré les mesures policières, les dealers sont toujours présents et actifs. De plus, le modèle d’affaire des trafiquants évolue rapidement. Leur budget est considérable. Les moyens policiers et la législation doivent constamment s’adapter.

Quelles sont les solutions ?

C’est la demande qui crée le trafic, alors c’est par ce bout qu’il faut prendre les choses en main. En effet, indépendamment des personnes souffrant d’addiction, les petits consommateurs, occasionnels, pas forcément dépendants, sont nombreux. C’est à eux que s’adresse la prévention. Pour quelles raisons des jeunes prennent-ils des drogues ? Les témoignages montrent que c’est entre autres pour se sentir dans le coup, s’évader ou se relaxer, par ennui, pour faire la fête, pour se sentir adulte, pour se rebeller, ou pour faire une expérience. Ces motivations ont peu de poids face aux dégâts que les drogues provoquent, tant sur le plan de la santé psychique que physique.

Selon leurs propres déclarations, ce que les jeunes apprécient dans notre campagne de prévention : nous présentons une information simple, avec des faits scientifiques indéniables et des témoignages de vraies personnes. C’est le meilleur moyen de les toucher, bien meilleur que d’interdire ou de faire la morale. En connaissance de cause, les personnes correctement informées des dangers peuvent décider de leur propre déterminisme de ne pas, ou ne plus consommer.

Avec des moyens simples et économiques, tels que diffusion de brochures informatives et DVD sur les principales drogues, publications sur les réseaux sociaux, conférences dans des écoles, entreprises et communautés, ainsi que formation de conférenciers, nous obtenons des résultats. Suivez nos pas et utilisez nos outils de prévention pour aider à créer un monde sans drogue. Passer à l’action, c’est ce que prévoit l’Office de la drogue et du crime de l’ONU pour les années à venir et nous y participons.