Pourquoi l’alcool est-il si implanté dans la société ?

Historiquement, les boissons alcoolisées étaient déjà fabriquées il y a plusieurs milliers d’années. Boire un verre est souvent un geste social bien établi. C’est l’occasion de partager un moment agréable ou amical ou de marquer un évènement. On pourrait dire que c’est un geste social bien vu. On dit par exemple le verre de l’amitié, buvons un verre à la santé de…, offrir l’apéro. Accompagner un repas d’un bon vin est considéré comme un geste de bonne manière gastronomique. En petite quantité, l’alcool a plutôt un effet stimulant, comme lorsqu’on boit une bière ou un verre de vin.

Une autre raison de son implantation dans notre société est que la vente d’alcool est une source de revenu pour certains acteurs économiques : vignerons, brasseurs, négociants, commerçants, restaurateurs, distillateurs des excédents de fruits, etc. On fait de la publicité pour en vendre davantage, mais sans expliquer clairement ses dangers pour la santé. C’est aussi un revenu pour l’État, qui prélève des taxes sur l’alcool.

Fait intéressant, en 2021, les coopérateurs de Migros (leader du marché suisse de la grande distribution) ont voté, à une large majorité, pour le maintien de l’abstention de la vente d’alcool dans ses magasins. À la fin des années 1930, le fondateur de Migros, Gottlieb Duttweiler, avait décidé de ne pas vendre d’alcool (ni de tabac) pour des raisons morales et de santé publique. Il considérait que ces produits étaient néfastes pour la santé des consommateurs, en particulier des familles, et qu’il fallait promouvoir un mode de vie sain.

Est-ce que l’alcool est une drogue ?

Oui, c’est une substance qui une fois ingérée dans le corps provoque un effet psychotrope, c’est-à-dire réduit l’aptitude à penser de manière rationnelle, modifie le jugement, diminue les réflexes et la coordination des mouvements. De plus, si elle est prise régulièrement, le risque de dépendance est très grand.

Est-ce légal ? En Suisse, oui en principe, mais…

Selon le type de boisson, la vente d’alcool dépend des limites d’âge : 16 ans pour les boissons alcoolisées contenant moins de 18 % d’alcool (ex. : bières, vins, cidres) et 18 ans pour les boissons alcoolisées contenant 18 % d’alcool ou plus (ex. : spiritueux, liqueurs, apéritifs forts). Ces règles s’appliquent à l’achat dans les commerces, les bars et les restaurants. Elles sont encadrées par la Législation Suisse dans le domaine de l’alcool et peuvent être renforcées localement par certains cantons ou communes.

Une chose particulièrement dangereuse est le mélange d’alcool avec d’autres produits psychotropes, que ce soit un médicament légal ou une drogue illégale. Le corps, lui, ne fait pas la différence. Par exemple, mélanger un seul verre d’alcool à un joint de cannabis peut avoir un effet démultiplicateur. Même un joint fumé le jour d’avant peut encore influencer et diminuer le champ de vision, et l’alcool diminuer les réflexes. Un accident de la circulation peut avoir des conséquences tragiques. En 2022, en Suisse, l’alcool est impliqué dans 13 % des accidents de la route dont l’issue est grave, voire fatale. Les nuits de week-end, l’alcool est la cause la plus fréquente d’accidents selon l’OFSP (Office fédéral de la santé publique) https://www.bag.admin.ch/fr/consommation-dalcool-en-suisse-faits-et-chiffres.

Dans la circulation routière, le taux de 0,5 ‰ (0,5 gramme d’alcool par litre de sang) est la limite maximale admise. Au-delà, la loi considère le conducteur inapte à la conduite. Les chauffeurs professionnels, les nouveaux conducteurs (permis à l’essai), les élèves-conducteurs, les moniteurs de conduite et les conducteurs-accompagnateurs n’ont pas du tout le droit de boire. À savoir, 0,5 ‰ peut parfois déjà être atteint avec un seul verre de vin, selon la personne.

Que faut-il savoir sur l’alcool ?

C’est en effet la drogue la plus consommée dans le monde. Dans ce site, vous trouverez plus d’informations : la brochure, la vidéo et un cours en ligne. Une bonne information permet de faire les bons choix.

 

 

 

L’alcool est-il plus dangereux pour les jeunes ?

Commencer à boire à l’adolescence est un risque supplémentaire car à cet âge, le corps est encore en croissance et son développement peut être perturbé. Parfois, lors de fêtes, on se saoule, et les risques d’accidents, de violence et de coma éthyliques sont des risques non négligeables. La pression du groupe peut pousser à la consommation. Ne pas vouloir boire est parfois considéré comme une faiblesse. C’est pourquoi il faut informer les jeunes et leur offrir des possibilités de boire autre chose.

Faudrait-il être plus strict en matière de limitation de vente d’alcool ?

La prohibition aux États-Unis durant les années 1920 à 1933 a été un échec. Elle a été mise en vigueur dans le but de combattre l’alcoolisme qui était devenu un problème dans le pays. Mais la prohibition ne s’attaquait pas aux problèmes économiques et sociaux de l’époque. Les gens se sont tournés vers production illégale. La corruption des fonctionnaires et des politiciens n’a pas empêché le développement des réseaux mafieux qui ont ainsi fait fortune.

Pour faire baisser la consommation, il faut faire de la prévention en éduquant chaque personne pour qu’elle devienne plus consciente des dangers que cela représente pour sa santé et les conséquences physiques et mentales. Pour les parents, cela peut consister à faire comprendre aux jeunes que boire de l’alcool n’est pas un privilège réservé aux plus grands ou un signe de maturité. Peut-être en montrant l’exemple et en renonçant à leur consommation ? Une bonne manière serait que dans les soirées, les fêtes, les verrées organisées en entreprises, les apéros entre amis, etc. le choix de boissons non alcoolisées soit évident et normal. On trouve dans les commerces un grand choix de produits sans alcool. Les bières sans alcool sont déjà bien connues, des vins sans alcool de qualité commencent à se faire une bonne réputation. Il existe aussi des boissons pétillantes ou avec des goûts très variés. On ne doit pas se contenter de n’offrir comme alternative aux boissons alcoolisées que du jus d’orange ou de tomates…

Conclusion pour ce mois de janvier

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C’est aussi un mois de désaccord avec l’idée générale dans la société que « l’alcool, c’est normal ».